S’alimenter de façon locale et végétalienne en hiver

Petit entretien avec MariÈve Savaria, artisane à la Ferme maraîchère en culture biologique et permaculturelle, les Jardins d’Ambroisie située la rive sud-ouest de Montréal, à Saint-Chrysostome.

 

Les gens prenant de plus en plus conscience du lien entre l’assiette et les changements climatiques, des réflexions et des questionnements foisonnent et occupent les espaces publics. L’alimentation locale est maintenant reconnue comme pouvant réellement faire une différence. Cesser la consommation de produits d’origine animale aussi! Mais peu arrivent à conjuguer les deux. MariÈve Savaria, elle, y arrive. Et très bien à part de ça! Il faut, toutefois, repenser son rapport à la disponibilité et la variété des aliments tout au cours de l’année.

MariÈve nous fait le bonheur de nous livrer ses précieux trucs et astuces pour parvenir à s’alimenter de façon locale et végétalienne, même en hiver!

Premier truc: Faire des réserves pendant la saison des légumes et fruits diversifiés, locaux et biologiques cultivés sur de petites surfaces par nos maraîchers.

Particulièrement les solanacées; tomates, aubergines et poivrons qui sont, si consommés l’hiver, importés ou, si locaux, cultivés en serre ce qui demande beaucoup d’énergie et n’est pas nécessairement un choix à privilégier.  Les légumes feuilles et les petits fruits sont aussi à congeler en saison, et à mettre en réserve au congélo, si l’espace vous le permet. Le reste des légumes de conservation s’achète au fur et à mesure, ce n’est pas la peine de garder en grande quantité les courges, pommes de terre et autres racines puisqu’ils se trouvent facilement en épicerie et sont cultivés localement. La congélation de tout ce beau monde permet une utilisation et une préparation rapide en hiver. Et puisque la saison froide nous fait avoir davantage envie de repas chauds, mijotés et/ou longue cuisson, avoir des légumes et fruits  « frais congelés » est parfait pour ce type de préparation et n’altère en rien le goût et la saveur du plat, bien au contraire !  Nos légumes locaux, cultivés en saison sont si savoureux que même congelés, ils sont plus savoureux que du frais importé. J’insisterais ici sur l’importance d’avoir des légumes et des fruits congelés mais peu ou pas transformés. Plus jeune, je me souviens de ma mère, mon père et ma grand-mère qui s’affairaient à préparer des tonnes de conserves de tomates,  de sauce tomates, de ratatouille, de bouilli, de confiture, etc. pour l’hiver.  Sauf en 2019, en période estivale, nous n’avons ni le goût, ni le temps de préparer des plats d’avance surtout en période de canicule. C’est plutôt lorsqu’il fait froid que le besoin de cuisiner et de manger des plats mijotés se fait sentir.

Alors à l’automne et en hiver, assurez-vous d’avoir sous la main des ingrédients locaux pour pouvoir cuisiner hors saison.  Enlevez-vous le stress de cuisiner en été pour l’hiver. Chaque étape en son temps!

Deuxième truc: S’inscrire à un panier bio d’hiver.

Été comme hiver, le fait de s’inscrire et de payer d’avance ses légumes nous « oblige » premièrement, à consommer en quantité des végétaux, deuxièmement,rend accessible les légumes locaux l’hiver en plus de soutenir une agriculture de proximité et le travail d’agriculteur/maraîcher.

Troisième truc: Faire une liste des entreprises et des marques locales pour plus facilement repérer à l’épicerie les produits locaux.

Faire ses achats dans des lieux d’approvisionnement ayant comme mission d’encourager les produits locaux ou des groupes d’achats, comme Nousrire pour ne pas le nommer, qui s’approvisionnent localement et nous assurent ainsi que ce qu’on achète est de proximité. J’ai appris récemment que les légumineuses locales sont accessibles en culture conventionnelle mais pas en bio. Si on veut des légumineuses biologiques il faut acheter des produits importés. Toutefois, il y a quelques producteurs bio et locaux, donc une fois qu’on a fait le travail de recherche, c’est bon de noter tout ça quelque part pour s’y référer au besoin !

Et…quel est son aliment d’hiver préféré à manger? Et à cultiver?

À manger? Difficile de n’en nommer qu’un!  J’affectionne particulièrement les champignons sauvages de cueillette locale en saison et leur version séchée en hiver. Leur saveur complexe et leur texture donne un petit « boost » à tout ce que je prépare. C’est léger et ça ne prend pas d’espace donc j’en ai de bonnes réserves.  J’adore aussi le miso Massawippi qui fait de délicieuses vinaigrettes et un bouillon ou une sauce rapide pour assaisonner une soupe ou un plat chaud de tofu et légumes prêt en un instant.

À cultiver? J’affectionne particulièrement ce qui pousse tout seul! L’agriculture demande tellement de temps et d’énergie que je ressens une réelle joie lorsque l’amarante, le chou gras ou l’ortie se pointe. Mais ils ne sont pas vraiment disponibles en hiver c’est pourquoi je congèle leur feuillage préalablement blanchi ou en pesto pour en consommer hors saison. Sinon j’aime bien cultiver tout ce qui est vert, particulièrement ce qui résiste au froid comme l’épinard. C’est un réel plaisir de sortir par temps frais, parfois même sous la neige, pour aller en récolter!

Comment pouvons-nous nous procurer des paniers bio des jardins d’Ambroisie 😉 ?

Nos paniers se sont terminés en octobre et notre dernier marché (au marché fermier du métro Laurier) était le dimanche 10 novembre. Toutefois nous serons dans le sous-sol du Centre St-Denis tout près du métro Laurier tous les dimanches de 12h-15h à partir du 17 novembre jusqu’au 15 décembre + marché de Noël le samedi 21 décembre pour vendre le fruit des dernières récoltes 2019!

Pour plus d’information, visitez le site internet des jardins d’Ambroisie, ici ou son compte Instagram pour des inspirations culinaires!

Un billet de Justine Lafontaine,
Membre du comité Sauve ta bouffe

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