France: dépôt d’un projet de loi pour diminuer le gaspillage alimentaire

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La lutte contre le gaspillage alimentaire met tous les partis d’accord

«Un député UMP a déposé un projet de loi obligeant les grandes surfaces à céder leurs invendus à des associations. 63 parlementaires de tous bords le soutiennent.

Stop au gaspillage alimentaire ! C’est le message délivré par Jean-Pierre Decool, député UMP de la 14e circonscription du Nord, qui a déposé une proposition de loi en la matière. L’enjeu : obliger les grandes surfaces de plus de 1 000 m2 à céder leurs invendus alimentaires encore consommables à des associations caritatives.

Au-delà des clivages politiques, 63 députés se sont ralliés au député du Nord dans son combat. Selon le site internet du Lab d’Europe 1, on trouve parmi eux « des élus communistes – André Chassaigne, Jean-Jacques Candelier ou Marc Dolez -, des élus socialistes – Colette Capdevielle, Hervé Féron, David Habib ou Pascal Terrasse -, centristes – Yannick Favennec, Michel Zumkeller -, mais aussi de nombreux députés UMP, comme Valérie Boyer, Marc-Philippe Daubresse, Daniel Fasquelle, Hervé Gaymard, Jean-Frédéric Poisson ou Lionel Tardy. Seuls les écologistes n’ont pas répondu à l’appel de Jean-Pierre Decool », précise Le Lab.

Le député se réjouit de la « sensibilisation transpartisane » à ce problème de société. Et reste confiant dans l’avenir de son texte : « Qui peut s’opposer à cette action anti-gaspillage ? Personne. On ne peut pas ne pas être sensible à une proposition comme celle-là. »

« 200 tonnes gaspillées par an par les grandes surfaces »

L’enjeu est, en effet, important. Aujourd’hui, « 200 tonnes de denrées alimentaires par an sont gaspillées par les grandes surfaces et chaque Français jette annuellement 7 kilos d’aliments encore emballés ! » déplore Jean-Pierre Decool.

Trois arguments l’ont convaincu d’agir maintenant. « D’abord, le Parlement européen a déclaré 2014 Année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ensuite, du côté de Liège, en Belgique, ils ont décrété l’obligation de dévolution des denrées périssables mais encore comestibles aux associations caritatives. Enfin, Guillaume Garot [ancien ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire, NDLR] a annoncé l’année dernière vouloir réduire de moitié le volume des déchets alimentaires d’ici à 2025. C’est un effet d’annonce, un coup de com ! » Voilà qui est dit.

Jean-Pierre Decool tempère cependant : « Il n’y a aucun antagonisme entre notre proposition de loi et le pacte national anti-gaspillage de Guillaume Garot, mais au contraire une continuité intellectuelle. » Mais il ne retient pas une dernière pique : « Nous proposons une mesure concrète. Alors qu’un pacte sans mesure, sans évaluation, c’est compliqué… »

Ne pas rompre la chaîne du froid

La distribution de denrées périssables présente néanmoins un risque de sécurité sanitaire. « Il faut juste que la chaîne du froid ne soit pas rompue », prévient le député du Nord. « Il y a déjà des grandes surfaces qui ont cette démarche de façon volontariste. Notre but est de l’encadrer et de l’organiser pour mieux la contrôler et la sécuriser ! »

Autre difficulté : les arguments contraires ne manquent pas. Parmi eux, temps de travail supplémentaire, coût de la distribution et responsabilité de la grande surface engagée. Mais, pour Jean-Pierre Decool, ce n’est pas un problème. « C’est justement pour ça qu’on ne vise que les magasins de plus de 1 000 m2. Car, pour eux, c’est plus facilement amortissable. » Quant à la responsabilité : « Dans le contrat qui liera l’association caritative à la grande surface, il y aura effectivement une forme de traçabilité, donc de responsabilité imputable. C’est pour ça que cela doit être strictement encadré par la loi. Après, un texte de loi est toujours amendable… » Tout simplement.»

Source: http://www.lepoint.fr/politique/la-lutte-contre-le-gaspillage-alimentaire-met-tous-les-partis-d-accord-31-07-2014-1850573_20.php

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