Pourquoi on gaspille?

Gaspillage, la conséquence du panier d’épicerie le moins cher ?

Le coût moyen du panier d’épicerie québécois augmente continuellement. Pourtant, les promotions à répétition dans les supermarchés ont une influence importante quant à la valeur que nous accordons, consciemment ou non, aux aliments. La surabondance et l’accessibilité aux aliments ont raison de notre conscientisation aux enjeux du gaspillage. Finalement, est-ce bien grave de gaspiller une carotte si en tant que consommateur, je suis capable de m’en procurer 5 livres pour seulement 1.25$ ? Les répercussions sont peut-être faibles à courte échéance mais, qu’en est-il de plusieurs dizaines d’aliments? De plusieurs milliers de foyers de consommation?

Une vie de plus en plus rapide

L’évolution des comportements sociaux et des habitudes de vie ont très clairement eu de nombreuses répercussions sur nos modes de consommation et de gaspillage. Les générations précédentes gaspillaient nettement moins. Aujourd’hui, les ménages québécois, ayant une vie en général très active, consacrent de moins à moins de temps à la cuisine. Ils mangent davantage de mets préparés. Cela entraîne évidemment une perte en termes de transmission de savoirs et d’habiletés culinaires permettant notamment aux nouvelles générations d’apprendre à planifier ses repas, à cuisiner avec ce qu’on a déjà dans le frigo ou encore à bien conserver les aliments.

Une perception erronée de notre gaspillage

Mais qui donc a l’impression de gaspiller ? Non, pas vous. Personne.

Une récente étude belge a démontré que les consommateurs auto-évaluent leur propre gaspillage alimentaire à 5% de leurs aliments environ. Or, le gaspillage réel observé est de 3 à 5 fois supérieur à ce qui est estimé par la personne. En réalité, c’est entre le quart et le tiers des denrées alimentaires qui sont gaspillées.

Estimer adéquatement ses habitudes de consommation et de gaspillage est la première étape pour pallier le problème.

Gaspiller comme luxe social, une vision en voie de désuétude

Pouvoir gaspiller peut représenter l’opulence, être un signe d’abondance et d’aisance financière. Si l’argument économique n’est pas une préoccupation, il est de bon ton pour certains de ne pas manger les restants de la veille, de se payer le luxe de la variété, de la fraîcheur renouvelée, pour une consommation « de qualité ». Or, c’est aussi se départir de ressources inestimables, faire preuve d’une vision égocentrique à court terme. Simple question de point de vue.

Subventionne-t-on le gaspillage ?

Le gaspillage alimentaire est à la fois une conséquence d’une alimentation qui vient de plus en plus loin et d’une logistique de distribution et de loi du marché de plus en plus complexe. Certaines productions (en totalité ou en partie) sont parfois laissées au champ faute de rentabilité dû aux aléas du marché ou encore faute de convenir aux standards de l’industrie. Nos politiques agricoles tentent de maintenir une industrie, plutôt que de promouvoir un modèle sain et nourricier. On subventionne le porc à la tonne alors qu’on pourrait à la place diversifier et relocaliser notre agriculture pour combler les besoins de nos populations et recréer plus de liens directs entre la ferme et le consommateur. Les légumes aux formes irrégulières, mais poétiques, retrouveraient alors leur place au cœur de notre panier d’épicerie. Le meilleur, le plus sain, le plus juste… mais pas forcément le moins cher!

1 Food waste within food supply chains: quantification and potential for change to 2050 Julian Parfitt, Mark Barthel, Sarah Macnaughton)

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