Enjeux Collectifs

Écologiques

Le long chemin du gaspillage

Avant d’arriver à notre assiette, nos aliments ont mobilisé énormément de ressources (pétrole, eau, gaz naturel, sol, etc.). On utilise des engrais à base de pétrole; on travaille le sol avec de la machinerie fonctionnant au diesel; on chauffe ou climatise au mazout ou au gaz naturel les bâtiments pour l’élevage ou pour l’entreposage; on transporte les aliments sur des milliers de kilomètres par bateau, par camion diesel ou pire encore par avion; sans oublier les emballages souvent composés de pétrole (plastique). Notre alimentation est somme toute très énergivore et très dépendante des énergies fossiles.

En raison de la disponibilité limitée des ressources naturelles, il serait plus rentable de réduire le gaspillage alimentaire que d’accroître la production agricole pour nourrir une population croissante. La FAO évalue qu’en réduisant de moitié le gaspillage alimentaire, il faudrait augmenter de 32 % la production alimentaire mondiale pour nourrir les neuf milliards d’humains projetés en 2050. À l’heure actuelle, la hausse nécessaire est estimée à 60 %.

Sociaux

Nourrir la planète

En 2014, au Québec, les banques alimentaires ont reçu mensuellement 300 000 demandes d’aide alimentaire d’urgence. De nombreux québécois vivent de l’insécurité alimentaire alors que parallèlement, la firme Solinov (2013) a estimé à 30 000 tonnes la nourriture gaspillée chez les distributeurs. Plusieurs initiatives existent pour redistribuer les denrées vers les organismes œuvrant en sécurité alimentaire (cuisines collectives, petits déjeuners et collations, distributions alimentaires, etc.), mais le manque de ressources auquel ils font face les empêchent d’élargir leurs actions. D’autres pistes de solutions existent, comme la révision du système de date de péremption ou la création de marchés parallèles pour les aliments mal-aimés.

À plus grande échelle, ce sont 800 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde alors qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillée.

 

Économiques

De l’argent jeté par les fenêtres, ou plutôt, à la poubelle!

La perte financière liée au gaspillage alimentaire sur toute la chaîne agroalimentaire au Canada est évaluée à 31 milliards de dollars par an (Value Chain Management, 2014). Ce montant est un peu plus élevé que le montant dépensé pour les importations alimentaires canadiennes en 2007 et représente une somme plus élevée que le PIB des 32 pays les plus pauvres additionnés ensemble.

Ce sont en partie les impôts du contribuable qui paient pour le traitement de ces déchets. Aussi, le coût des stocks invendus, pertes pour les commerces, se répercute sur le prix des aliments vendus. Le client paye non seulement pour les aliments qu’il achète, mais en partie pour les pertes des commerces.

Pour leur part, les consommateurs gaspillent eux-mêmes leur argent en jetant les aliments qu’ils ont achetés. Nous estimons que les ménages québécois perdent de 1000$ à 1785$ par année en gaspillant la nourriture qu’ils ont achetée.

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